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Crise mondiale : le coton africain, déjà fragilisé, frappé à son tour
Par L'Impulsion des PME, Partenaire SME Toolkit Bénin & Sénégal
La filière du coton en Afrique, déjà fragilisée par la concurrence des producteurs américains subventionnés, est maintenant frappée par la crise économique mondiale, avec une demande et des cours en baisse.
Plusieurs responsables réunis cette semaine à Ouagadougou ont appelé les autorités africaines à prendre des mesures "concertées" pour éviter la banqueroute du secteur, qui fait vivre 15 millions de personnes en Afrique de l'ouest et du centre.
"Aujourd'hui, on est entré dans la crise financière, la crise économique globale se répercute sur le coton", a indiqué Ibrahim Malloum, directeur au département coton du groupe français agro-industriel,
la Somdiaa et ancien directeur général de Coton Tchad (publique).
"En mars, quand les cours ont remonté parce que les spéculateurs se sont tournés vers les matières premières, on pensait sortir de la crise. L'Afrique croyait qu'elle sortait du tunnel, mais ils sont revenus à la baisse à une vitesse ahurissante", a-t-il souligné.
Les achats de textile sont en effet très sensibles à l'environnement économique et les annulations de commandes se multiplient avec le spectre de la récession dans les pays riches. En conséquence, les cours ont plongé et évoluent au plus bas depuis trois ans.
"Aujourd'hui, si on prend les fondamentaux du marché, les cours du coton devraient être élevés parce que la production a baissé par rapport à la demande", poursuit M. Malloum
"Mais le marché du coton réagit non pas aux fondamentaux propres au coton mais beaucoup plus à des éléments exogènes, externes que sont la crise financière, la crise économique et les bourses qui font le yo-yo", analyse-t-il.
Cette aggravation de la crise dans le secteur cotonnier est potentiellement lourde de conséquences pour les trois millions de producteurs africains qui cultivent l'"or blanc".
Déjà ces dernières années, sous l'effet de la crise, la production cotonnière du continent a chuté, passant de 2 millions de tonnes en 2004/05 à 1,3 million en 2007/08, selon le Comité consultatif international du coton (CCIC).
Ce secteur avait déjà dû se battre contre les subventions américaines aux producteurs de coton, s'accommoder d'une monnaie forte (le Franc CFA a une parité fixe avec l'euro) fragilisant sa compétitivité, et d'un CFA franc faible (le coton étant vendu en dollar).
Depuis 2003, la crise a gagné toute la filière, selon le président de l'Association du coton africain (ACA), Célestin Tiendrébéogo.
"Il y a trois ou cinq ans, quand nous nous retrouvions dans les réunions, ce sont les sociétés cotonnières qui avaient le plus de problèmes. L'année dernière, les filateurs ont commencé à exprimer des douleurs, cette année ce sont les banques qui sont +enrhumées+...", relève-t-il.
"Tout le monde est dans la crise maintenant", constate M. Tiendrébéogo, également directeur général de
la Société des fibres textiles du Burkina (Sofitex), principale société cotonnière du Burkina.
"Il y a une raréfaction des crédits au niveau des banques. La filature n'arrive pas à avoir des lignes de crédits pour acheter comme par le passé des quantités importantes de coton", a expliqué M. Malloum.
Face à ces sombres perspectives, "les pays africains producteurs de coton doivent travailler à réduire l'impact de la crise sur le secteur", a plaidé le ministre burkinabè du Commerce, Mamadou Sanou.
"Les pays africains doivent prendre des mesures comme l'ont fait les grands pays industrialisés (...) parce que l'agriculture africaine, surtout dans la zone sahélienne, est la locomotive de l'économie", a renchéri le responsable de
la Somdiaa.
"Il faut que tout le monde se mobilise, qu'on mette les moyens pour éviter que la crise nous touche de plein fouet", a conclu le responsable de
la Sofitex.
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La filière du coton en Afrique, déjà fragilisée par la concurrence des producteurs américains subventionnés, est maintenant frappée par la crise économique mondiale, avec une demande et des cours en baisse. Plusieurs responsables réunis cette semaine à Ouagadougou ont appelé les autorités africaines à prendre des mesures "concertées" pour éviter la banqueroute du secteur, qui fait vivre 15 millions de personnes en Afrique de l'ouest et du centre.
"Aujourd'hui, on est entré dans la crise financière, la crise économique globale se répercute sur le coton", a indiqué Ibrahim Malloum, directeur au département coton du groupe français agro-industriel,
"En mars, quand les cours ont remonté parce que les spéculateurs se sont tournés vers les matières premières, on pensait sortir de la crise. L'Afrique croyait qu'elle sortait du tunnel, mais ils sont revenus à la baisse à une vitesse ahurissante", a-t-il souligné.
Les achats de textile sont en effet très sensibles à l'environnement économique et les annulations de commandes se multiplient avec le spectre de la récession dans les pays riches. En conséquence, les cours ont plongé et évoluent au plus bas depuis trois ans.
"Aujourd'hui, si on prend les fondamentaux du marché, les cours du coton devraient être élevés parce que la production a baissé par rapport à la demande", poursuit M. Malloum
"Mais le marché du coton réagit non pas aux fondamentaux propres au coton mais beaucoup plus à des éléments exogènes, externes que sont la crise financière, la crise économique et les bourses qui font le yo-yo", analyse-t-il.
Cette aggravation de la crise dans le secteur cotonnier est potentiellement lourde de conséquences pour les trois millions de producteurs africains qui cultivent l'"or blanc".
Déjà ces dernières années, sous l'effet de la crise, la production cotonnière du continent a chuté, passant de 2 millions de tonnes en 2004/05 à 1,3 million en 2007/08, selon le Comité consultatif international du coton (CCIC).
Ce secteur avait déjà dû se battre contre les subventions américaines aux producteurs de coton, s'accommoder d'une monnaie forte (le Franc CFA a une parité fixe avec l'euro) fragilisant sa compétitivité, et d'un CFA franc faible (le coton étant vendu en dollar).
Depuis 2003, la crise a gagné toute la filière, selon le président de l'Association du coton africain (ACA), Célestin Tiendrébéogo.
"Il y a trois ou cinq ans, quand nous nous retrouvions dans les réunions, ce sont les sociétés cotonnières qui avaient le plus de problèmes. L'année dernière, les filateurs ont commencé à exprimer des douleurs, cette année ce sont les banques qui sont +enrhumées+...", relève-t-il.
"Tout le monde est dans la crise maintenant", constate M. Tiendrébéogo, également directeur général de
"Il y a une raréfaction des crédits au niveau des banques. La filature n'arrive pas à avoir des lignes de crédits pour acheter comme par le passé des quantités importantes de coton", a expliqué M. Malloum.
Face à ces sombres perspectives, "les pays africains producteurs de coton doivent travailler à réduire l'impact de la crise sur le secteur", a plaidé le ministre burkinabè du Commerce, Mamadou Sanou.
"Les pays africains doivent prendre des mesures comme l'ont fait les grands pays industrialisés (...) parce que l'agriculture africaine, surtout dans la zone sahélienne, est la locomotive de l'économie", a renchéri le responsable de
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