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Côte d’Ivoire-Agriculture : Les planteurs ivoiriens menacent d'abandonner la culture du cacao

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"La souffrance c'est pour nous, l'argent c'est pour les exportateurs": déçus par le non-respect des prix d'achat fixés, des planteurs de cacao de San-Pedro, principale région de production de la Côte d'Ivoire, menacent de se convertir à l'hévéa.

Dans le "campement Gilbert", un gros bourg de San-Pedro, Moumouni Ouédraogo ne cesse de critiquer les éternels problèmes de gestion de la filière cacao, dont le pays est le premier producteur mondial.

"Les planteurs de cacao sont déçus. Contrairement à nos collègues hévéaculteurs, nous ne bénéficions d'aucune assistance", lance, amer, le jeune agriculteur, assis en compagnie de ses amis.

Malgré l'annonce du prix d'achat "bord champ" fixé par le nouveau comité de gestion de la filière en octobre à 700 FCFA (1,21 euro), à l'ouverture de la campagne, Moumouni affirme avoir vendu 325 Kg de sa production à 475 FCFA (0,72 euro) l'unité.

"J'étais obligé parce qu'il fallait faire face aux charges familiales. C'était à prendre où à laisser", lâche-t-il, dépité.

En face de lui, Adama Ouédraogo, propriétaire d'une plantation de deux hectares, raconte avec un brin d'humour l'échec d'un mouvement de protestation initié en octobre par les planteurs de la région pour faire respecter le prix d'achat fixé par l'Etat.

"On a fait la grève en vain! Ils n'ont même pas eu pitié de nous", dit-il dans un éclat de rire.

Selon lui, les exportateurs accusent le gouvernement de n'avoir pas financé les coopératives, en raison de l'incarcération en juin des anciens dirigeants de la filière pour de présumées malversations.

"Le FGCCC (Fonds de garanti des coopératives du café et du cacao) n'a pas financé les coopératives comme cela se passait avant. Donc cette année, chacune d'elle se débrouille avec ses propres moyens", a expliqué à l'AFP un exportateur sous couvert de l'anonymat.

Le président du nouveau comité de gestion, Gilbert N'Guessan, impute lui, la fluctuation des prix à la qualité des fèves.

" La Côte d'Ivoire perd 150 milliards FCFA (226,8 millions d'euros) par an en raison de la mauvaise qualité du cacao", a affirmé M. N'Guessan lors d'une récente tournée de sensibilisation dans les régions productrices.

Cependant, pour Moumouni Ouédraogo et ses amis, cette campagne est sans doute l'une de leurs dernières, car ils entrevoient de se tourner vers la culture de l'hévéa, dont la Côte d'Ivoire est devenu en une décennie l'un des premiers producteurs africains.

"J'ai déjà remplacé un hectare de cacao avec l'hévéa", révèle Moumouni, soulignant que le latex a l'avantage de garantir un revenu mensuel.

En plus, ajoute-il, "les planteurs d'hévéa bénéficient de l'appui financier de la SAPH (Société africaine de plantation d'hévéa, filiale du groupe français Michelin présente en Côte d'Ivoire depuis 1958)".

"Si l'Etat ne fait pas attention, la production va baisser et le pays va perdre sa première place", prévient Ibrahim Sawadogo, un autre membre du groupe.

"Notre problème ce n'est pas la qualité", renchérit Ibrahim. Pour le prouver, il déguste des fèves sorties fraîchement d'une cabosse, tandis qu'un petit transistor noir accroché à un cacaoyer distille de la musique techno.

 

"La souffrance c'est pour nous, l'argent c'est pour les exportateurs": déçus par le non-respect des prix d'achat fixés, des planteurs de cacao de San-Pedro, principale région de production de la Côte d'Ivoire, menacent de se convertir à l'hévéa.

Dans le "campement Gilbert", un gros bourg de San-Pedro, Moumouni Ouédraogo ne cesse de critiquer les éternels problèmes de gestion de la filière cacao, dont le pays est le premier producteur mondial.

"Les planteurs de cacao sont déçus. Contrairement à nos collègues hévéaculteurs, nous ne bénéficions d'aucune assistance", lance, amer, le jeune agriculteur, assis en compagnie de ses amis.

Malgré l'annonce du prix d'achat "bord champ" fixé par le nouveau comité de gestion de la filière en octobre à 700 FCFA (1,21 euro), à l'ouverture de la campagne, Moumouni affirme avoir vendu 325 Kg de sa production à 475 FCFA (0,72 euro) l'unité.

"J'étais obligé parce qu'il fallait faire face aux charges familiales. C'était à prendre où à laisser", lâche-t-il, dépité.

En face de lui, Adama Ouédraogo, propriétaire d'une plantation de deux hectares, raconte avec un brin d'humour l'échec d'un mouvement de protestation initié en octobre par les planteurs de la région pour faire respecter le prix d'achat fixé par l'Etat.

"On a fait la grève en vain! Ils n'ont même pas eu pitié de nous", dit-il dans un éclat de rire.

Selon lui, les exportateurs accusent le gouvernement de n'avoir pas financé les coopératives, en raison de l'incarcération en juin des anciens dirigeants de la filière pour de présumées malversations.

"Le FGCCC (Fonds de garanti des coopératives du café et du cacao) n'a pas financé les coopératives comme cela se passait avant. Donc cette année, chacune d'elle se débrouille avec ses propres moyens", a expliqué à l'AFP un exportateur sous couvert de l'anonymat.

Le président du nouveau comité de gestion, Gilbert N'Guessan, impute lui, la fluctuation des prix à la qualité des fèves.

" La Côte d'Ivoire perd 150 milliards FCFA (226,8 millions d'euros) par an en raison de la mauvaise qualité du cacao", a affirmé M. N'Guessan lors d'une récente tournée de sensibilisation dans les régions productrices.

Cependant, pour Moumouni Ouédraogo et ses amis, cette campagne est sans doute l'une de leurs dernières, car ils entrevoient de se tourner vers la culture de l'hévéa, dont la Côte d'Ivoire est devenu en une décennie l'un des premiers producteurs africains.

"J'ai déjà remplacé un hectare de cacao avec l'hévéa", révèle Moumouni, soulignant que le latex a l'avantage de garantir un revenu mensuel.

En plus, ajoute-il, "les planteurs d'hévéa bénéficient de l'appui financier de la SAPH (Société africaine de plantation d'hévéa, filiale du groupe français Michelin présente en Côte d'Ivoire depuis 1958)".

"Si l'Etat ne fait pas attention, la production va baisser et le pays va perdre sa première place", prévient Ibrahim Sawadogo, un autre membre du groupe.

"Notre problème ce n'est pas la qualité", renchérit Ibrahim. Pour le prouver, il déguste des fèves sorties fraîchement d'une cabosse, tandis qu'un petit transistor noir accroché à un cacaoyer distille de la musique techno.

 

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