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Afrique-Compétitivité : l’Afrique devrait favoriser « l’intégration horizontale

Par L'Impulsion des PME, Partenaire SME Toolkit Bénin & Sénégal

afri_dev.jpgTunis, 02-07-2009- Après en avoir livré une première mouture il y a deux semaines en Afrique du Sud, la Banque Africaine de Développement a jugé utile de présenter l’intégralité  du Rapport sur la Compétitivité en Afrique à Tunis. Est-ce parce que le siège de la Banque se trouve à Tunis ou parce que le pays hôte a été classé par ce même rapport le pays le plus compétitif du continent ?. De toutes les façons, et quels qu’en  soient les raisons, la cérémonie du lancement qui a eu lieu le jeudi 02 juillet, a été assez riche en renseignements, notamment suite à un débat auquel ont pris part des hommes d’affaires tunisiens, des journalistes et des représentants de chambres de commerce.

L’une des nouveautés  de ce rapport, dans sa version 2009, tient  à l’émergence des économies de certains pays, considérés comme de petite taille, tels que l’ile Maurice et le Botswana.

L’information majeure dans ce document, élaboré conjointement par la BAD, la Banque Mondiale et le Fonds pour l’Environnement mondial (FEM), et qui a couvert 31 pays, a trait à la Tunisie  « pays le plus compétitif du continent ».pour ses performances sur plus qu’un niveau.

L’autre  nouveauté de ce rapport est qu’il s’est  intéressé particulièrement à l’état des marchés financiers africains, conjoncture oblige. Aussi, a-t-on pu lire que « plusieurs pays africains, tels que l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Nigeria et l’Egypte, sont bien positionnés pour rebondir après la crise parce qu’ils bénéficient de systèmes bancaires compétitifs et disposent de système réglementaires fonctionnels, qui résultent des réformes mises en œuvre dans le secteur financier dés le début des années 1990 ».

Le rapport de 2009, a été élaboré, comme l’a souligné Louis Ndikumana, directeur au sein de la BAD, suite à des enquêtes qui ont été menées dans les 31 pays africains concernés,  auprès des responsables du secteur public, des responsables du secteur privé ainsi qu’auprès de responsables au sein des institutions internationales présentes dans ces pays.

Les résultats de ces enquêtes ont été par la suite assimilés à d’autres facteurs tels que l’état de l’infrastructure, la circulation des flux commerciaux, ou encore l’architecture financière, ainsi que la facilité et le coût de faire des affaires chaque pays.

 Le rapport a par ailleurs admis que la crise financière a mis en lumière le rôle fondamental des autorités de régulation des marchés financiers. Ainsi et afin d’améliorer la compétitivité des économies des pays du continent, « une approche prudente de l’ouverture des comptes de capitaux est nécessaire », fut-il souligné.

Le rapport a aussi noté que la présence d’institutions financières régionales et mondiales en Afrique, devrait permettre la réalisation de gains en termes  d’efficacité, de concurrence, de stabilité et de proximité. « Ces institutions, peut-on ainsi lire, ne devraient cependant pas être envisagées comme un substitut aux réformes domestiques qui s’imposent ».

En outre, le RCA a  noté que la baisse des prix des marchandises, le déclin des volumes commerciaux globaux ainsi que le manque de financement du commerce ont réduit  les flux commerciaux en Afrique. Il recommande à ce propos d’intensifier le commerce dans le continent, ce qui permettrait » d’atténuer l’impact du ralentissement mondial ». Cette recommandation a été faite dans la foulée  d’une autre qui s’adressait aux dirigeants qui « doivent reprendre les négociations dans le cadre du Cycle de Doha- en tant que seul moyen réaliste de poursuivre l’ouverture des marchés mondiaux et sécuriser les progrès en matière de libéralisation commerciale».

Un approfondissement de la facilitation du commerce permettrait de réduire le coût des exportations, et pour y arriver, souligne encore le RCA, il devient plus que jamais nécessaire de faciliter la circulation des biens à travers les frontières ainsi que de renforcer la collecte des revenus via l’accélération des réformes qui visent à réduire la paperasse et les coûts des transactions.

Parmi les points décisifs dans le classement des pays africains dans ce rapport de compétitivité, le facteur de l’infrastructure  a presque été le plus déterminant. « Un réseau d’infrastructures de grande échelle et efficace, souligne encore le RCA, est l’un des moteurs essentiels de la compétitivité ». Il permet de réduire l’effet distance entre les régions et contribue à l’intégration des marchés nationaux, a encore déduit le rapport. Mais malgré tout, ce même facteur, notamment l’infrastructure dans les domaines de l’énergie et du transport, demeure un « obstacle majeur à la compétitivité de l’Afrique ».

L’éducation et la santé, deux facteurs qui ont joué un rôle déterminant dans le classement de la Tunisie, de la République Sud Africaine, l’ile Maurice ainsi que la majorité des pays de l’Afrique du Nord, jouent un rôle assez important à leur tour, puisque « une main d’œuvre en bonne santé joue un rôle déterminant pour la compétitivité et la productivité d’un pays, en particulier pour évoluer dans la chaîne de valeur », souligne encore le RCA.

L’un des autres facteurs ayant joué un rôle crucial dans la classification des 31 pays africains dans ce rapport est celui des institutions, de la gouvernance et de la transparence. L’environnement institutionnel, souligne encore le rapport, constitue le cadre dans lequel tous les acteurs interagissent pour générer des revenus et de la richesse dans l’économie. Le cadre institutionnel, a-t-on aussi pu lire, joue un rôle central dans la façon dont les  sociétés africaines répartissent les bénéfices et supportent les coûts des politiques et des stratégies de développement, comme il influence les décisions d’investissement et l’organisation de la production.

A la lecture de ce flux  d’informations , beaucoup de questions se posent quant aux perspectives qui s’offrent à ce continent, et à ses ambitions de faire le benchmarking avec le vieux continent  et son Union Européenne. Les questions demeurent sans  réponses surtout que la distance géographique séparant  le premier (la Tunisie), du deuxième pays le plus compétitif (L’Afrique du Sud), ne permet même pas d’envisager des formes de coopération entre « grands », de manière à servir de passerelle pour les autres pays du continent. Imaginer cette coopération de façon « verticale » ne mènera certainement nulle part. Dès lors, la question se pose de penser à s’engager dans une coopération « horizontale », c'est-à-dire entre les pays de chaque zone de l’Afrique. Le Maghreb en est un exemple, mais peut-il servir de repère ? Sans doute  pas.

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